Ecouter, orienter, accompagner : renforcer la réponse aux VBG au Nord-Kivu
Dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, les conflits armés, les déplacements de populations et la précarité fragilisent les mécanismes de protection, exposant particulièrement les femmes et les filles aux violences basées sur le genre (VBG). Pour les personnes affectées, accéder à des soins médicaux, à un soutien psychosocial ou à des services de protection reste parfois difficile. Le manque de personnel spécialisé et les insuffisances dans l’orientation des survivantes compliquent davantage leur prise en charge.
Face à ces défis, HEAL Africa, avec l’appui de l’UNFPA dans le cadre du projet d’assistance multisectorielle d’urgence aux survivantes de VBG/EAS et réponse aux besoins en santé sexuelle et reproductive dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika , financé par le Fonds Central d’Intervention d’Urgence des Nations Unies (CERF), contribue au renforcement du système holistique, intégré et multisectoriel de prévention, alerte, réponse, prise en charge et suivi des cas VBG/EAS/HS auprès des personnes affectées par la crise humanitaire, en consolidant les compétences des prestataires de première ligne.
Dans les zones de santé couvertes par le projet, 30 acteurs sont concernés par une formation consacrée à la gestion des cas de VBG et aux normes minimales applicables en situation d’urgence.
Les survivantes au centre de l’intervention
Cinq jours durant, les participants ont approfondi les principes de la gestion des cas, depuis l’accueil et l’identification des besoins jusqu’à la planification de l’assistance et au suivi. L’objectif est de permettre aux intervenants d’apporter une réponse adaptée à chaque situation, en tenant compte des choix, de la sécurité et de la dignité des survivantes.
La formation a également abordé l’accompagnement psychosocial et la santé mentale, des dimensions essentielles dans un contexte où les violences et les déplacements des populations peuvent laisser des blessures profondes. La collecte, la documentation et la gestion des données relatives aux VBG, à l’exploitation et abus sexuels (EAS) ainsi qu’au harcèlement sexuel (HS) a aussi été de la partie.
Une attention particulière a été accordée à la confidentialité, au consentement éclairé et à la protection des informations personnelles. Ces exigences permettent de préserver les survivantes contre de nouveaux préjudices et de renforcer la confiance envers les services d’assistance.
Une réponse mieux coordonnée sur le terrain
Organisée avec la collaboration des équipes-cadres des zones de santé et de la Division Provinciale de la Santé (DPS), cette formation a également visé à améliorer la coordination entre les services sanitaires, psychosociaux et de protection.
Pour les acteurs de première ligne, les connaissances acquises doivent se traduire dans les pratiques quotidiennes : mieux écouter, orienter vers les services appropriés et assurer un suivi respectueux des besoins de chaque personne. « Nous venons d’acquérir des compétences nécessaires à la bonne prise en charge des survivantes » , a témoigné Philémon, un participant.
HEAL Africa et ses partenaires contribuent au renforcement des mécanismes de protection dans la partie Est de la RDC. Derrière les procédures et les normes, l’enjeu reste profondément humain : faire en sorte qu’une personne victime de violences puisse trouver, auprès des services sollicités, une écoute attentive et une assistance respectueuse de ses droits.