Nord-Kivu : Garantir des maternités sécurisées dès les premières heures d’une crise humanitaire

Nord-Kivu : Garantir des maternités sécurisées dès les premières heures d’une crise humanitaire

Dans la province du Nord-Kivu, les déplacements massifs et l’insécurité fragilisent l’accès aux soins, mettant en péril la vie des femmes et des filles. Dans un environnement où les infrastructures s’effondrent, maintenir une ligne de vie pour les mères et les nouveau-nés est une priorité absolue.

Pour répondre à cette urgence, l’organisation HEAL Africa, membre du Groupe de Travail Santé Sexuelle et Reproductive, avec l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) , a réuni à Goma les acteurs locaux de la santé. L’objectif : renforcer leur capacité à déployer des soins vitaux dès les premières heures d’une crise humanitaire. Cette initiative est rendue possible grâce au financement du Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni (FCDO).


Une réponse à une réalité implacable


En République Démocratique du Congo, donner la vie reste un acte à haut risque : 3 à 4 femmes meurent chaque heure de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Au Nord-Kivu, la situation s’est aggravée avec une augmentation de 20 % des décès maternels entre 2024 et 2025.

Cette tragédie est une conséquence directe des conflits armés. Lorsqu’une crise éclate, les femmes enceintes perdent soudainement accès aux consultations prénatales, les chaînes d’approvisionnement en médicaments sont rompues, et les soignants sont souvent contraints de fuir. C’est cette rupture brutale du système de santé qui transforme une complication médicale gérable en une question de survie. Selon les données internationales, près de 60 % des décès maternels évitables surviennent dans ce type de contextes instables.

Pour inverser cette tendance, les équipes médicales ne doivent pas seulement réagir, elles doivent anticiper avec rapidité et précision. Pendant sept jours, 75 prestataires des soins, parmi lesquels des médecins, des sages-femmes et des coordinateurs sanitaires se sont formés aux interventions prioritaires en situation de crise.

L’objectif est clair : garantir des accouchements sécurisés, prendre en charge les urgences obstétricales, prévenir et soigner les violences basées sur le genre, et assurer la disponibilité ininterrompue des médicaments essentiels (comme les kits d’urgence de santé reproductive), même dans les conditions les plus précaires.

L’approche s’est voulue résolument pratique. Au-delà de la théorie, les participants ont été plongés dans des scénarios réalistes : comment stopper une hémorragie post-partum sans équipement de pointe ? Comment stabiliser une patiente atteinte de pré-éclampsie dans un centre de santé de fortune ? Comment organiser un circuit de prise en charge confidentiel, digne et immédiat pour une survivante de violence sexuelle ? Ces simulations intensives garantissent une capacité d’application immédiate sur le terrain.

En République Démocratique du Congo, donner la vie reste un acte à haut risque : 3 à 4 femmes meurent chaque heure de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Au Nord-Kivu, la situation s’est aggravée avec une augmentation de 20 % des décès maternels entre 2024 et 2025.
Nord-Kivu : Garantir des maternités sécurisées dès les premières heures d’une crise humanitaire
Nord-Kivu : Garantir des maternités sécurisées dès les premières heures d’une crise humanitaire


Maintenir le cap : la résilience face au chaos


Tolotra Andriamanana, Cheffe du bureau de l’UNFPA à Goma, souligne l’importance vitale de cette préparation pour la survie des communautés vulnérables : « Dans un contexte de crise, notre capacité à déployer rapidement des soins adaptés fait la différence entre la vie et la mort. Nous attendons des professionnels formés qu’ils transforment ces acquis en actions concrètes : assurer des accouchements sans danger, prévenir les violences et garantir que les femmes ne soient pas laissées pour compte, même au cœur des conflits. »

Elle a également rappelé que malgré les défis colossaux : contraintes logistiques, insécurité persistante et épuisement d’un personnel soignant souvent lui-même affecté par la crise, la mission de l’UNFPA reste inchangée : réduire à zéro les décès maternels évitables.

De retour dans leurs zones de santé après la tenue de l’atelier respectivement à Beni, à Goma et à Mweso, les participants ont désormais pour mission d’intégrer ces pratiques d’urgence dans leur quotidien. Il ne s’agit plus seulement d’éteindre des incendies, mais de bâtir une coordination renforcée. Une démarche cruciale pour s’assurer que chaque femme et chaque nouveau-né du Nord-Kivu puisse avoir accès à des soins dignes, fiables et sécurisés, et ce, quel que soit le niveau de la crise.